Une garantie des loyers directement inspirée du rapport «Louer en confiance »

Interview de Mickaël Nogal, député, auteur du rapport “Louer en confiance”, invitation via CEGC

La confiance est indispensable pour le propriétaire-bailleur, afin de sécuriser son investissement et son patrimoine. Elle l’est tout autant pour le locataire, soucieux de s’assurer un logement à toutes les étapes de sa vie. Dès lors, comment la garantie des loyers joue-t-elle le rôle d’un outil indispensable à la fluidité du marché immobilier et à sa sécurisation qui contribue à articuler les intérêts acteurs ?

Deux ans et une crise sanitaire majeure sont passés depuis la publication de votre rapport. La proposition de loi devant reprendre plusieurs de vos propositions n’a pu être finalement examinée. A ce jour, quelles avancées vous semblent probables ?

Mickaël Nogal : Je crois que les propositions formulées en 2019 sont d’autant plus pertinentes avec la crise de la COVID19 car le besoin de sécuriser la société, de réconcilier propriétaires et locataires et de faciliter l’accès au logement des locataires est encore plus sensible. C’est tout l’objet notamment de la proposition du mandat de sécurisation totale. Sans attendre l’adoption d’un texte, certains acteurs, comme CEGC, ont eu la volonté de se saisir de l’idée et y ont vu une opportunité. En s’inspirant de mes travaux et préconisations, ils proposent une solution de garantie totale de paiement des loyers qui favorise l’accès au logement de locataires jusqu’ici disqualifiés. Sur ce point, en dépit d’un texte de loi, on voit qu’il est possible de concilier les intérêts et les besoins légitimes des uns et des autres, chose que le marché ne permettait pas jusqu’à présent.  

Une telle garantie est de nature à assainir le marché dans son ensemble

Ce système de garantie totale est-il économiquement réaliste ?

M.N. : Si des acteurs comme CEGC se lancent ainsi, c’est bien qu’ils y voient des pistes de développement et de croissance. C’est d’ailleurs bien dans ce sens que j’ai formulé mes propositions afin qu’elles produisent un cercle vertueux. Des propriétaires sécurisés vont louer plus facilement, ce qui joue en faveur des locataires. Les professionnels de l’immobilier se trouvent de nouveau de facto au cœur du jeu et retrouvent une valeur ajoutée évidente. J’ai fait en sorte qu’administrateurs de biens, assureurs, courtiers se parlent. Une telle garantie est de nature à assainir le marché dans son ensemble : plus de sécurité facilite l’accès au crédit et incite à l’investissement locatif. C’est favorable à toute la filière BTP, les promoteurs et constructeurs.

Quels arguments vous semblent être les plus efficaces pour inciter les bailleurs particuliers au changement ?

M.N. : Moins qu’un discours pour les convaincre, je crois que c’est surtout l’époque qui va produire ses effets. Il y aura en matière immobilière un avant et un après COVID car il est évident, pour chacun d’entre nous, qu’une telle crise peut se reproduire et qu’il faut pouvoir y faire face. Pour les propriétaires, cela provoque un besoin de sécurité accru. Leurs choix pour organiser ces investissements seront guidés par la valeur ajoutée que peut apporter un professionnel.

Aujourd’hui, le marché de l’immobilier se divise pour un tiers avec des locations qui sont gérées par des professionnels, administrateurs de biens et les deux tiers gérés directement par des propriétaires. Ce chiffre dit quelque chose de la perception que ces derniers ont de l’apport d’un professionnel de l’immobilier. Si ces professionnels veulent se développer, ils doivent donc apporter des services supplémentaires. Un produit tel que celui proposé par CEGC à des administrateurs de biens les replace comme de vrais tiers de confiance, capables de rassurer le propriétaire bailleur, capables de rendre l’accès plus facile au logement à des locataires. C’est donc aux ADB, maintenant, de s’en saisir pour aller chercher des propriétaires qui sont en demande de sécurisation.